L'interview du jour : Prix de l'électricité : Du changement dans l'air pour les industriels

Publié le 12/01/2015

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 Avant de parler Solutions, parlons un peu de l'enjeu : le prix de cette électricité qui constitue les fameux 90 à 95% du LCC (TCO pour certains), le coût total d'une machine tournante pendant toute sa durée de vie.

Le prix de l'électricité en France est un des plus bas d'Europe. L'ensemble des tarifs réglementés de l'électricité (et du gaz) pour les industriels disparaîtra d'ici la fin de l'année 2015. Celle libéralisation peut être l'occasion d'adapter l'offre énergétique à ses besoins et de mettre en concurrence les différents fournisseurs afin de bénéficier de prix compétitifs.

Le prix moyen du kilowattheure à destination des clients industriels s'élève à 7,71 centimes d'euros hors taxes en 2013 en France d'après Eurostat (office statistique de l'Union Européenne). Il s'agit de l'un des prix au kilowattheure les plus bas d'Europe, soit 18% moins cher que la moyenne de l'Union européenne (9,43 centimes d'euros HT). La compétitivité française s'explique en particulier par la présence d'un parc nucléaire amorti de longue date assurant 75% de la production d'électricité du pays à un prix compétitif.

Néanmoins, les « électro-intensifs » (entreprises grandes consommatrices d'électricité) ne cessent d'alerter les pouvoirs publics au sujet de leur perte de compétitivité. Aussi, la CRE (commission de régulation d'énergie) vient de décider de la mise en place d'un abattement exceptionnel. Les grandes entreprises oeuvrant dans les secteurs de la chimie, de la métallurgie, de l'acier, de la papeterie et du papier carton bénéficient ainsi d'une réduction de 50% de leur facture de transport d'électricité* depuis le 1er août 2014, et ce, jusqu'au 31 juillet 2015.

Une loi qui pose les bases de l'émergence d'un marché libre et concurrentiel

D'autre part, la libéralisation des marchés de l'énergie devrait également faire évoluer la compétitivité dans les mois qui viennent. En effet, au 31 décembre 2015, les tarifs régulés de l'électricité ne seront plus accessibles aux industriels conformément aux dispositions de la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l'énergie). Dans ce cadre, les quatre tarifs verts réglementés d'EDF, destinés aux grandes entreprises et aux sites industriels raccordés en haute tension (à partir de 1 000V), sont également amenés à disparaitre. Alors que les fournisseurs d'électricité vont fixer leurs prix sur une même base définie par l'Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique introduit par la loi Nome) et la bourse de l'électricité, les optimisations vont surtout résider dans le choix de la stratégie et du timing d'achat.

De l'importance de sélectionner un fournisseur rapidement

Les industriels doivent dès aujourd'hui anticiper la fin des tarifs réglementés en contactant des fournisseurs alternatifs pour demander des devis sur étude personnalisée. Alors que certains sont déjà entrés dans une phase de transition afin de bénéficier des meilleurs prix et de conserver toute leur capacité de négociation ; d'autres industriels pourraient attendre le deuxième semestre 2015 pour se préoccuper de la fin de leur contrat et provoquer alors un afflux de demandes difficile à gérer pour les services commerciaux des fournisseurs alternatifs. Parmi ceux-ci, plusieurs se sont dotés d'offres d'électricité destinées à l'industrie. C'est le cas d'Enel France, Alpiq, Vatenfall, EON, Enovos qui se sont spécialisés dans les grands comptes et qui, pour la plupart, proposent des offres « 100% vert » en s'engageant à fournir une énergie exclusivement produite à partir de moyens de production renouvelables.

Un reportage de Claire Janis-Mazarguil

Publié avec l'aimable autorisation de la revue EUREKA FLASH INFO

 

 

* Pour mémoire, le coût du mégawattheure acheté par un industriel est décomposé en 40 % pour le coût de production, 40 % pour le transport et 20 % pour les impôts et charges diverses.

 

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