L'interview du jour : PSA. Le groupe va verser une prime de 1 000 € à ses salariés !

Publié le 06/03/2015

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Preuve du redressement de ses comptes en 2014, le groupe automobile se montre plus ambitieux que jamais. De nouveau rentable en Europe, il veut poursuivre sa reconstruction et accroître sa compétitivité.

Un an après avoir évité la faillite grâce au chinois Dongfeng et à l'État français, PSA Peugeot Citroën, de nouveau rentable en Europe, affiche une meilleure mine. Par rapport à 2013, il a divisé par quatre sa perte nette à 555 millions d'euros.

Une performance à rapprocher du retour à un bénéfice opérationnel de 905 millions sur fond de hausse du chiffre d'affaires de 1 % à 53,6 milliards. 36 milliards viennent de l'auto, activité en retrait de 0,9 %, à cause d'effets de change, malgré + 4,3 % de ventes à 2,9 millions d'unités.

« Nous sommes en avance sur notre plan de reconstruction... » Carlos Tavares salue ce redressement dans un marché très difficile. S'il s'oriente vers 1 % de croissance en Europe en 2015, il se contracterait de 30 % en Russie, de 10 % au Brésil et en Argentine. À l'opposé du marché chinois (+ 7 % attendus), premier débouché avec 734 000 véhicules vendus en 2014.

Avec une trésorerie renflouée à 2,2 milliards, la stratégie Back in the Race (de retour dans la course) du président du directoire s'avère payante. Avec ses marques complémentaires (Citroën, Peugeot et DS), il martèle son ambition : « PSA, désendetté, doit devenir un constructeur d'envergure mondiale. »

Pas de dividendes aux actionnaires

Pour attendre l'objectif, il compte sur la poursuite des efforts de compétitivité, l'innovation, l'hybride rechargeable en 2019, un nouveau modèle électrique en 2020... Et sur « le travail de tous les collaborateurs du groupe ». Non sans remercier les « partenaires sociaux pour leur ouverture d'esprit », allusion à l'accord de compétitivité signé fin 2013. Ce plan garantit la pérennité des sites en France d'ici à 2016 en échange d'efforts salariaux.

PSA ne versera pas de dividendes à ses actionnaires en 2015 mais a annoncé, hier, l'attribution d'une prime d'au moins 1 094 euros à ses salariés en France. CFTC, CFDT et FO s'en félicitent quand la CGT, non-signataire de l'accord, demande « 300 euros d'augmentation par mois ».

Alors que l'utilisation de la capacité des usines s'améliore en Europe, Rennes-la Janais, avec 70 000 véhicules par an, fonctionne en sous régime. « On travaille sur le nouveau modèle, c'est essentiel », lâche Carlos Tavares. « En 2017, la P87 va arriver, poursuit Denis Martin, le directeur opérationnel Europe. Rennes, pas dépendant d'un volume, devra d'abord être compétitif. Nous serons au rendez-vous. »

 Article de Pierre Carvet - Actualité France // Ouest-France

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