L'interview du jour : Asystom, le petit boitier qui veut révolutionner le contrôle des équipements industriels

Publié le 17/05/2019

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Interview de Pierre Naccache, directeur d'Asystom

 

Créée en 2016, Asystom est une société française installée en Occitanie avec ses bureaux de développement à Toulouse. Parti d'une idée particulièrement innovante, son fondateur Pierre Naccache s'est spécialisé dans le développement de solutions intelligentes, autonomes et connectées de maintenance prédictive.

Rencontre avec l'équipe du SEPEM permanent...

 

SEPEM - Pierre Naccache, vous avez créé votre société il y a maintenant 3 ans, sur une idée particulièrement innovante dans le domaine de la maintenance prédictive. Vous pouvez nous la présenter en quelques mots ?

PN – Asystom a développé une solution universelle intelligente de maintenance prédictive adaptée à l'industrie quels que soient les types de machines et leur âge. Notre force a été de pouvoir offrir une solution particulièrement innovante tant par sa capacité technologique que par sa simplicité de mise en oeuvre. Il suffit de coller notre petit boitier autonome et hyper intelligent sur la machine à surveiller et la solution se déploiera d'elle-même après une phase d'auto-apprentissage. Simple et sans interférence avec l'environnement. L'ensemble des données sont présentées à l'aide d'un outil visuel facile d'utilisation qui gère les alertes. Nous offrons la solution la plus aboutie du marché.

SEPEM – Comment avez-vous appréhendé la création de votre société : vous aviez une idée précise de ce que vous vouliez ? vous avez pu bénéficier d'aides, ou rencontré des ‘'galères'' ?

PN – Dès la création de la société, j'ai préféré aller à contre-courant de tous les standards actuels de création de startup qui sont poussées à faire des « effets d'annonces » et présenter de beaux concepts. Cela permet de lever des fonds, mais aboutit rarement à une solution sérieusement adressable pour l'industrie.

Nous avons préféré nous concentrer pendant 2 ans sur la R&D et ne pas communiquer avant d'être sûr que notre solution soit industrialisée et réponde parfaitement aux exigences du monde industriel, en fournissant des résultats fiables et utiles pour les mainteneurs : un outil irréprochable et qui se différencie réellement.

A la création de l'entreprise nous avons reçu des aides de la région et de la BPI et je tiens à remercier ces acteurs pour leur écoute et leur aide au démarrage. Pourtant, bien que notre approche atypique soit un grand succès, nous sommes confrontés à un manque d'appétence des investisseurs qui en France ne savent investir que dans des solutions 100% logiciel.

 Dans d'autres pays nous aurions levé de bien plus importantes sommes et atteint plus vite nos objectifs.

SEPEM – Aujourd'hui, c'est-à-dire à peine 3 ans après vous être lancé dans l'aventure, vous en êtes où ?

PN – Notre produit est industrialisé et produit en série. Nous avons déployé les premières installations avec 100% de satisfaction clients et entamé notre croissance avec entre autres nos premiers contrats à l'export. Nous sommes impressionnés par l'intérêt que suscite notre produit auprès de grandes entreprises.

SEPEM – Comment voyez-vous l'avenir d'Asystom, dans le futur ?

PN – Nous avons de gros objectifs pour Asystom que nous voulons développer comme la référence mondiale sur notre marché. Nous avons le produit et nous investissons fort sur la croissance de notre empreinte commerciale.

SEPEM – Si vous rencontriez quelqu'un qui voulait se lancer avec une idée innovante à développer, quels conseils lui donneriez-vous ?

PN - Il ne suffit pas d'avoir une bonne idée. Il faut architecturer son produit en prévoyant le long terme, il faut bien comprendre le marché et la compétition possible. Ensuite un développement rigoureux est un élément critique du succès.

Ne jamais prendre le risque de décevoir un client avec un produit qui n'est pas fini ou n'a pas été industrialisé proprement. S'assurer d'être très bien entouré avec ses équipes et ses investisseurs. Ce choix peut s'avérer critique.

Propos recueillis par Xavier Legrand, en exclusivité pour le SEPEM permanent / Les Bonnes Nouvelles de l'Industrie

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