L'interview du jour : HAUTS-DE-France : Le dynamisme au coeur de l’Europe

Publié le 11/01/2019

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Bienvenue dans le Nord. Avec ses beffrois, son maroilles et son... moral ! Notre enquête exclusive est de retour, deux ans après son dernier passage dans les Hauts-de-France lors de la 6ème édition du SEPEM Industries Nord. Et cette enquête, réalisée auprès de plus de 60 000 industriels de la région, révèle notamment un moral en forte hausse. Approchez, vous allez tout savoir.

 

« Les gens du Nord...

... ont dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors ». Les industriels de la région ne dérogent pas à la règle. Ils ont le moral et la note moyenne s'en ressent.

De 5,8/10 en 2017, elle passe à 6,7 deux ans plus tard. Des cinq départements qui constituent la région des Hauts-de-France, le Nord est celui qui affiche le plus haut moral. Avec 89,1 % de notes supérieures ou égales à 5, il devance légèrement le Pas-de-Calais (88,3 %) et la Somme (88,2 %).

Au niveau des secteurs industriels, l'agroalimentaire et la fabrication de machine-outil sortent leur épingle du jeu avec tous les deux 91,7 % de réponses supérieures ou égales à 5.

L'automobile, secteur phare de la région, se porte bien également avec près de 89 % de notes au-dessus de la moyenne. En revanche, la mécanique générale/mécanique de précision est en queue de peloton mais avec tout de même 75 % de réponses positives.

 

Si on regarde un peu l'évolution de ces pourcentages au fil des enquêtes, on voit que ce secteur de la mécanique a toujours été celui avec le moral « le plus bas » mais il effectue une belle remontée par rapport à 2017 où il était à seulement 63 % de notes supérieures ou égales à 5 !

Visibilité limitée dans la région de l'automobile Plus de la moitié des répondants à notre enquête estime à moins de 3 mois la visibilité sur leur carnet de commandes. A contrario, moins de 20 % voient sereinement sur les 6 à 12 mois à venir. En toute logique, la majorité des répondants confient à près de 63 % avoir moins de visibilité par rapport à l'année précédente. La taille de l'entreprise semble assez peu compter sur ce point. La majorité des répondants, quel que soit le type  d'entreprise (TPE, PME, GE), dit avoir une visibilité moindre. Les entreprises de moins de 20 salariés sont tout de même plus nombreuses à le confier (65,8 %) que celles de plus de 200 salariés (63,2 %).

 

Quid de l'investissement et du recrutement ?

Cette visibilité restreinte a-t-elle une incidence significative sur les projets d'investissement ou de recrutement des industriels du Nord ? Pas réellement.

Au niveau des investissements, on assiste même à une légère amélioration par rapport à 2017. Il y a deux ans, 53,1 % assuraient avoir des projets d'investissements, notamment et surtout dans le renouvellement de machines.

Aujourd'hui, les mêmes sont à présent 54,2 % et leur poste d'investissement principal n'a pas changé: des nouvelles machines de production.

Une donnée chiffrée qu'il faut contraster tout de même car les réponses diffèrent selon les  départements.

Celui du Nord par exemple est très partagé car la moitié des industriels répondent par l'affirmative, l'autre moitié par la négative. Son voisin du Pas-de-Calais en revanche dit « oui » à l'investissement et se place en tête avec 66,7 %.

Au niveau du recrutement maintenant, l'amélioration est plus nette. Il faut dire qu'en 2017, ils étaient moins de 25 % à avoir des projets de recrutement dans l'année à venir. Deux ans plus tard, ils sont presque 40 % !

 

Ils sont tout de même presque autant à répondre « Peut-être » ce qui témoigne d'une certaine fébrilité, pas tout à fait effacée. L'activité industrielle de la société joue bien entendu son rôle dans l'intention de recruter ou de ne pas recruter. Dans l'industrie automobile, secteur actuellement plutôt en forme, le « oui » ne l'emporte pas, il est même la réponse la moins donnée (30,8 %) quand le « non » et le « peut-être » se partagent le reste à parts égales. A l'opposé, dans le secteur de la fabrication de machine-outil, 47,2 % des répondants vont recruter en 2019 et seulement 11,1 % s'y refusent.

 

La formation comme enjeu central Contrairement à ce que l'on peut noter dans d'autres régions, dans les Hauts-de-France l'alternance et le recrutement sont des façons de former auxquelles les industriels font appel. Ce sera le cas pour 55 % d'entre eux l'année prochaine.

Pour la formation professionnelle sous forme donc d'apprentissage ou d'alternance, la variable de la taille de l'entreprise revêt une importance particulière. En effet, la capacité d'accueil en termes de surface et la capacité d'accueil en termes de personnel disponible et habilité sont des paramètres primordiaux. Cela se traduit dans les résultats de notre enquête sur ces questions d'alternance

et d'apprentissage. Les entreprises de moins de 20 salariés (TPE et une partie des PME) sont tout juste 37 % à ouvrir la porte à ces formations contre près de 74 % pour leurs homologues de plus de 200 salariés (GE).

On serait tenté de dire que le même schéma se dessine sur les questions de formation du personnel en place. Ceci n'est pas tout à fait vrai. Si les grandes entreprises sont en effet plus enclines à proposer des formations à leurs salariés (79,2 %), les très petites entreprises ne sont pas en reste sur le sujet (58,8 %).

 

Au carrefour de l'Europe du Nord, Douai et sa région sont idéalement placés, au centre d'un bassin de 78 millions de consommateurs potentiels. L'industrie des Hauts-de-France arbore une santé plutôt bonne, avec parfois ses faiblesses mais qui continue sans aucun doute à attirer les investissements des grands groupes français et internationaux.

 

Etude réalisée pour le SEPEM Industries Nord // 29-30-31 janvier 2019 à Douai Gayant

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