Bâtiment industriel : à l'heure du smart building, pourquoi et comment passer son énergie et son HSE au 4.0

Publié le 08/01/2020

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Pour les bâtiments industriels - modulaires ou durables -, les questions environnementales n'ont jamais été aussi prégnantes.

A l'heure des smart grids (intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans les réseaux électriques) et particulièrement du smart building (bâtiments intelligents, notamment dans la rationalisation de l'utilisation de l'énergie, et dans l'intégration d'énergies renouvelables), nous vous proposons un focus sur l'intérêt et la façon de passer votre énergie et votre HSE* au 4.0 !

 

POURQUOI ?

 

Un véritable enjeu industriel

Le management de l'énergie, et plus généralement du HSE, dépasse largement la simple contrainte réglementaire. Il constitue en effet une véritable opportunité de travailler sur la performance globale de l'entreprise et la réduction de ses coûts indirects de production, en complément des démarches d'excellence opérationnelle, de productivité et de suivi d'activité des ateliers.

La thématique de l'environnement est aussi un moyen efficace d'impliquer ses collaborateurs alors même que la mise en oeuvre de ce type de démarche est délicate et nécessite la participation non seulement des différents services et niveaux hiérarchiques de l'entreprise, mais aussi de toute la chaîne de valeurs, incluant fournisseurs et clients.

En outre, les outils numériques offrent l'opportunité d'être aussi beaucoup plus réactifs et proactifs.

Enfin, ce thème est aussi important du point de vue de la stratégie de produits et de services que l'entreprise propose à ses clients. Il existe en effet une vraie pression sociétale sur les thématiques environnementales. Nombre d'industriels "verdissent" leur offre ou communiquent sur ce thème. Ce qui leur impose de le faire aussi en interne...

 

Des objectifs variés

Les avantages de passer son énergie et son HSE au 4.0 sont nombreux, même s'ils divergent selon les entreprises.

Cela permet ainsi de supporter le déploiement homogène de systèmes de management : 14001 autour de l'environnement, 50001 autour de l'énergie ou 45001 autour de la sécurité.

Un autre objectif peut également être la mise en place d'un outil collaboratif entre les différents services. Lequel agrègera notamment au passage des sources d'information hétérogènes.

Autre but, ces plateformes 4.0 entraînent une accélération des circuits de décision et de réaction en rapprochant notamment le terrain des services qualité et de la direction.

Enfin, le 4.0 est un excellent vecteur pour capitaliser les bonnes pratiques et créer des communautés de partage entre les différents interlocuteurs concernés : cela se développe bien sûr sur des sites distants, mais également dans des clusters ou des associations d'entreprises.

 

COMMENT ?

 

S'approprier l'offre technologique

Celle-ci est pléthorique : il existe énormément de technologies, de capteurs, de logiciels ou autres plateformes qui permettent de travailler sur ces sujets. Digital et connectivité apportent beaucoup de services supplémentaires, via des solutions à la fois très efficaces et abordables. Comme ces petits compteurs d'énergie sans fils qui remontent des infos directement sur les plateformes Web qui permettent de mailler les différents métiers de l'entreprise... Le Big Data apporte la promesse de pouvoir corréler un grand nombre de données pour mieux les analyser et ainsi améliorer le fonctionnement de l'entreprise. Faites les bons choix !

 

Améliorer ses process

Le management de l'énergie, comme dans le cas du programme ISO 50001, est un moteur fort de mise en mouvement des entreprises. D'autant plus qu'il existe des incertitudes sur le coût de l'énergie, en augmentation, qui font que beaucoup s'y intéressent. Il s'agit donc de travailler sur les processus internes des sociétés.

Concrètement, il y a plein de façons de s'y attaquer. L'une d'elles consiste à s'appuyer sur des programmes déployés sur les territoires, à destination en particulier des PME qui recherchent soutien et financements, et qui les amènent à retravailler leurs process en intégrant le 4.0.

Il est aussi possible d'automatiser le comptage de l'énergie dans l'entreprise en développant les compteurs connectés qui récupèrent nombre de données, pour mieux et plus rapidement les traiter. Une action est ainsi en cours au niveau de la forge et de la fonderie, avec le soutien de l'ADEME, afin d'aider les professionnels à s'équiper.

 

Former ses collaborateurs

Les impliquer est impératif. Il est nécessaire à la fois de les faire monter en compétences et d'avoir des référents capables de traiter ce besoin car la problématique de l'industrie du futur est tout aussi complexe que diffuse au sein des différents services.

Il existe plusieurs programmes de formation pour aider les industriels à se mettre en mouvement à ce niveau, comme PROREFEI à destination des référents énergie. Autre possibilité, ALLICE, structure indépendante dédiée à l'efficience énergétique dans l'industrie, portée par quatre centres de compétences et ouverte à toutes les sociétés et à leurs différents métiers sur la simple base d'une adhésion, qui travaille sur différents projets.

 

EN CONCLUSION

 

Profiter du 4.0 pour travailler sur le HSE et l'énergie est intéressant à bien des égards.

Tout d'abord parce que nombre de technologies du numérique, qui se diffusent dans l'industrie, offrent des opportunités intéressantes : elles permettent d'échanger des informations utilisables dans ce cadre.

Ensuite parce que beaucoup de processus sont amenés à évoluer dans l'entreprise et le volet environnemental doit y être intégré.

Enfin, il faut chercher à y impliquer un maximum de collaborateurs, en travaillant sur tous les niveaux hiérarchiques pour que les informations soient échangées en temps réel.

Tout cela vise à améliorer la performance globale de l'entreprise, en introduisant de surcroît un aspect sociétal important au volet strictement industriel.

 

* Hygiène, Sécurité, Environnement - Domaine d'expertise technique contrôlant les aspects liés aux risques professionnels au sein de l'entreprise afin de conduire à un système de management intégré (source : Wikipédia).

 

Source : Christophe Duprez / GL events

Cet article est un compte rendu du keynote donné le 8 mars dernier sur GLOBAL INDUSTRIE Lyon par Thierry Ameye, Responsable Technique d'Affaire au Cetim, et Nicolas Stori, du Club MES, que nous remercions très sincèrement.

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