Comment lutter contre les TMS grâce au matériel adéquat !

Publié le 06/12/2019

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Quelles sont les grandes familles de matériels d'aide à la manutention ?                                                  
 

<< À mon sens, il y a deux familles, celle qui nécessite un opérateur et celle qui n'en nécessite pas, ces dernières étant les robots.>> déclare J-M Allègre (Liftop). << J'ajouterai à cela qu'il y a les matériels pour le levage et la manipulation, et ceux pour le transport de charges >> enchérit P. Tullio (Dalmec). << On peut aussi dire qu'il y a les matériels fixes et mobiles >> complète G. Dollé (Manut-LM). << Notre rôle est de filtrer le besoin du client pour lui proposer le matériel le mieux adapté à ses besoins. >> déclare J-C Doublet (Ingenitec). << La distinction que l'on peut faire c'est qu'il y a des dispositifs qui suppriment l'acte de manutention manuelle en tant que telle (chariots, grues, ponts roulants, etc), et il y les dispositifs d'aide à la manutention qui vont diminuer le risque et la pénibilité. >> déclare A. de Lipowski (CARSAT). << On peut aussi prendre l'exemple de la table élévatrice qui va positionner la charge à hauteur ergonomique de travail pour l'opérateur. >> complète N. Charbonnier (Tawi).


Quels types de charges peuvent être traités par ces matériels, à contrario, y a t-il des charges que l'on a pas le droit de manipuler avec, par exemple des contenants remplis de produits chimiques, de matières sensibles, etc. ?

P. Tullio (Dalmec) répond sans hésiter << tous types de charges. >>. << En fonction des technologies on peut trouver des limites de poids >> déclare G. Dollé (Manut-LM). << Après, cela dépend également des normes du bâtiment dans lequel on évolue. Il y aussi les normes ATEX. >> complète J-C Goriot (Dalmec). << Sans oublier le contexte dans lequel les charges vont être manipulées. >> complète P. Tullio (Dalmec). << Il faut adapter la solution au type de charge que l'on va manipuler. Si on manipule des sacs qui sont remplis de poudre très volatile et que ce sac est assez poreux, nous, par exemple nous allons déconseiller les systèmes d'aspiration et plutôt recommander un système de pinces. >> explique F. Cuny (Movomech).


Y a t-il, comme pour les chariots élévateurs, de l'ATEX (Atmosphères Explosives) dans ces matériels ?                         
Tout le monde s'est entendu pour répondre oui. À contrario des constructeurs de chariots les fabricants de matériels d'aide à la manutention fabriquent eux-mêmes leurs matériel ATEX puis ils le font certifier par des organismes spécialisés. << La transformation en ATEX va dépendre aussi beaucoup de la technologie utilisée, chez nous, par exemple, une grande partie de nos appareils fonctionne avec l'énergie de l'air comprimé, c'est très facile de passer en ATEX. Quand il y a des moteurs électriques, c'est plus compliqué, mais des solutions existent. >> précise J-C Goriot (Dalmec). << Nous rencontrons régulièrement des contraintes en fonction du zonage à appliquer par le client. Le rejet d'air, dans ou hors la zone ATEX, est également important. Il y a alors une étude préalable à faire pour définir l'emplacement de l'équipement et la nécessité qu'il soit certifié ATEX ou non. C'est donc une gestion des flux d'air. Malheureusement, les clients ne savent pas toujours déterminer le zonage sur leur site. >> témoigne N. Charbonnier (Tawi). >> A. de Lipowski (CARSAT) complète ces informations << Pour aider à définir les zones ATEX, il y a un guide méthodologique appelé ED 945 édité par l'INRS. Une fois le zonage effectué, il est possible de savoir quel matériel peut entrer sur cette zone et comment il doit être protégé.


Y a t-il des matériels d'aide à la manutention spécifiques pour travailler en température dirigée et en grand froid ?
<< Chez Dalmec nos matériels fonctionne avec de l'air comprimé donc nous n'allons pas dans le grand froid, il y une limite. Dans les atmosphères extérieures froides, parfois on peut réchauffer les coffrets, mais nous n'irons pas travailler dans un congélateur, par exemple. En revanche, travailler sous de très fortes chaleurs comme des fours, par exemple, ça oui, nous savons protéger notre matériel et l'opérateur. >> indique J-C Goriot. Ce à quoi J-M Allègre (Liftop) répond avec humour << notre matériel est suédois, donc le grand froid ne lui fait pas peur ! >>. << La technologie du vide permet justement de travailler dans une zone froide. Dans l'agroalimentaire, c'est ce que l'on retrouve régulièrement. En revanche, ce qui est très important, c'est de déporter ce qui va générer de la chaleur. La turbine qui aspire va générer une source de température supérieure à la zone de travail, donc, dans ces cas de figure, nous plaçons le moteur souvent dans les combles. >> explique G. Dollé (Manut-LM). << Par rapport au grand froid, nous faisons attention au passage du grand froid à la température normale, c'est ce qu'on appelle le point de rosée que l'électronique n'aime pas du tout. Comme il peut y avoir des courts circuits, nous installons des protections supplémentaires pour palier à cela. >> détaille F. Cuny (Movomech).  


Peut-on utiliser ces matériels en extérieur ?
<< Généralement c'est du matériel avec pas mal d'électronique. Chez Liftop nous avons essayé de trouver des fabricants pour les manipulations extérieures mais ce n'est pas satisfaisant. >> remarque J-M Allègre.  Même interprétation pour N. Charbonnier (Tawi) << nous avons fait quelques essais en installant des systèmes de levage en extérieur mais le client est obligé de prévoir un abri pour le système. Ce ne sont pas des matériels fait pour l'extérieur. >> << En revanche, les tables élévatrices de quai sont parfaitement conçues pour travailler en extérieur. Par contre nous plaçons le groupe hydraulique à l'intérieur, ou sous la table pour qu'il soit protégé. >> explique F. Cuny (Movomech). << Chez Ingenitec, nous proposons des postes de travail et donc nous allons très peu en extérieur, sauf demande particulière d'un client et dans ce cas nous plaçons les appareils concernés sous abri. >> précise J-C Doublet. << Nous proposons des tireurs/pousseurs motorisés qui fonctionnent très bien en extérieur, avec, bien sur, certaines précautions à prendre comme ne pas les stocker dehors. De plus, ils peuvent gravir des pentes relativement importantes. Ces matériels peuvent manipuler des charges très importantes (de 1 à 2 t) et ceci sur tous les types de terrains. Il faut simplement adapter le système d'accrochage que nous développons avec notre bureau d'études interne. >> expose M. Delfieu (Actiwork).

    
Comment l'utilisation des matériels d'aide à la manutention permet-elle de lutter contre les TMS (Troubles Musculo Squelettiques) ?
<< Déjà parce qu'on supprime le poids. Après, nous faisons une analyse ergonomique du poste de travail. On va faire en sorte que l'opérateur n'ai pas de contraintes d'ordre ergonomiques lors de la manipulation. On va tenir compte des hauteurs de travail, des portes-à-faux, de la position de l'opérateur. >> commente P. Tullio (Dalmec). << Je rajouterai la répétition du mouvement et les cadences. >> complète F. Cuny (Movomech). << Déjà à la conception des matériels nous faisons en sorte d'obliger l'opérateur à se tenir correctement, par exemple, sur les mini-gerbeurs électriques, le type de roues et de poignées que l'on utilise, en fonction de la charge, permettent d'obliger l'opérateur à ne pas forcer sur ses reins pour tourner le chariot. On élimine les mauvaises postures dues à sa fonction mais on fait aussi en sorte de ne pas en générer de nouvelles.>> témoigne N. Charbonnier (Tawi). << Pour lutter contre les TMS, il y a bien une démarche à avoir dans le repérage qui correspond à une obligation du chef d'entreprise à évaluer les situations de travaille au travers de plusieurs critères. Pour ce faire, l'INRS propose la brochure ED 6161. Il y a également des normes qui permettent d'évaluer les risques professionnels liés à la manutention manuelle (Norme AFNOR X 35-109). Aujourd'hui, nous avons une grosse action nationale appelée TMS Pro qui se développe auprès d'entreprises ciblées car, en tant qu'assureur, on constate une sinistralité avérée. On va vers eux pour les interroger sur les compétences qu'ils ont en interne. Nous allons même jusqu'à interroger aussi les opérateurs. Ces démarches sont très importantes quand on recherche des opérateurs ou quand on souhaite les conserver longtemps. >> rappelle A. de Lipowski (CARSAT). << Nous avons remarqué, surtout dans les grands groupes, qu'ils ont leur propre guide avec leurs critères décidés en interne. >> constate F. Cuny (Movomech). << Cela nous arrive régulièrement d'orienter le client qui a déjà son cahier des charges en lui conseillant autre chose avec de l'argumentation et des explications, et très souvent le client nous fais confiance. C'est aussi notre rôle de nous positionner en tant qu'experts et donc, force de proposition. >> estime N. Charbonnier (Tawi). Ce à quoi A. de Lipowski (CARSAT) ajoute << vous pouvez dans ces cas de figure demander à votre client si ses salariés ont été sollicités dans la démarche, ce qui sera un vrai gage de succès ! >>. << Ce dont il faut bien se rendre compte, c'est que le premier intéressé, c'est l'opérateur. Nous disons à nos client de bien le placer au centre du projet, c'est lui qui connaît le mieux son poste. Il y a aussi une notion très important à prendre en compte, c'est la différence entre l'ergonomie et le côté pratique de l'utilisation d'un appareil. Parce qu'on peut respecter toutes les règles, mais si on met entre les mains d'un opérateur un appareil qui n'est pas pratique à manipuler, il ne sera pas utilisé et mis de côté. >> souligne G. Dollé (Manut-LM). << Il y a aussi un problème au départ c'est que les solutions que nous proposons, à contrario de l'Europe du nord où tout le monde est pratiquement équipé, ne sont pas encore très connues chez nous. Souvent un client peut arriver en nous disant « j'ai vu un tube de levage et je pense que cela pourrait résoudre mon problème de manutention » alors qu'un chariot serait plus adapté, par exemple. Nous avons le savoir-faire mais notre plus gros travail est de le faire savoir ! >> remarque JM Allègre (Liftop).


Quels seraient les moyens qu'il faudrait employer pour mieux faire connaître vos solutions d'aide à la manutention ?                
La communication, répondent à l'unanimité les participants. << Il faut  sensibiliser les entreprises à rechercher les bons équipements adaptés aux personnes, chaque personne est différente par rapport à l'équipement et, c'est inscrit dans le document unique, réduire les risques et former en interne des acteurs de leur sécurité et de leur prévention, d'accompagner, de faire des groupes d'étude sur les postes de travail, et solliciter les constructeur pour trouver les bons moyens adaptés à leurs besoins. Et toujours avec un souci d'adaptabilité ! Pour aider dans ces démarches, il y a la formation de formateur sur la prévention des risques appelée "Prap". >> indique E. Lopuyt (Dekra).


Justement, est-ce que, selon vous, les opérateurs sont concertés avant l'achat d'un matériel d'aide à la manutention ?                
<< Ce n'est pas systématique du tout >> répond G. Dollé (Manut-LM). << Cela dépend aussi de l'esprit de l'entreprise.>> complète P. Tullio (Dalmec). << En revanche, cela progresse. C'est une tendance positive. Et pour nous c'est important que l'opérateur soit associé car c'est un gage de réussite ! >> constate JC Doublet (Ingenitec). << Cela peut être bien aussi de proposer des mises à l'essai du matériel. >> suggère A. de Lipowski (CARSAT). << Ce que vous proposez est très bien mais quand vous fabriquez du matériel standard, pas du sur-mesure >> réplique P. Tullio (Dalmec). << Chez nous, 75 % des ventes sont réalisées après essai du matériel. >> indique JM Allègre (Liftop). << Même quand nous faisons des développements sur-mesure, on fait  au moins tester les poignées de préhension, ce genre de choses. Et quand un client souhaite nous prendre un matériel standard, nous lui recommandons vivement de le faire tester pas le ou les futur(s) utilisateur(s). >> renchérit N. Charbonnier (Tawi). << Nous invitons nos clients à venir faire des essais dans notre show-room de manière à leur permettre de tester les performances techniques de nos manipulateurs. L'utilisateur pourra se rendre compte au travers des manipulateurs exposés comment nous pouvons répondre à son besoin spécifique. Pour les solutions standards, il pourra même faire des essais avec ses pièces. >> constate P. Tullio (Dalmec).


L'état continue t-il de donner des aides pour l'acquisition des matériels d'aide à la manutention, et si oui, comment cela se passe ?
<< Oui ! Toutes les aides proposées aux entreprises sont accessibles sur l'espace entreprise du site www.ameli.fr . Depuis le 1er janvier 2019, il y a une quinzaine d'aides financières existantes par secteur d'activité. Pour chaque aide vous pouvez télécharger le descriptif détaillé de l'aide, le cahier des charges du matériel en tant que tel, et le formulaire à remplir par l'entreprise pour faire la demande. Pour vous citer un exemple, avez l'aide Equip'mobile +, nous aidons à hauteur de 50 %, hors taxes, l'achat des tireurs/pousseurs. >> commente A. de Lipowski (CARSAT)


Proposez-vous une formation pour les opérateurs amenés à travailler avec vos matériels et est-ce inclus dans le prix ?
Bien entendu, répondent à l'unissons les participants ! << On délègue une formation, aussi bien aux utilisateurs que pour la maintenance. On forme à la manière de travailler avec l'appareil, aux risques (les positions de parking, les choses à ne pas faire, etc.). Et les clients nous commandes régulièrement des formations. >> explique JC Goriot (Dalmec). << La formation va être plus ou moins courte ou longue en fonction de la complexité du produit. De plus, il est toujours intéressant de repasser chez un client afin de voir si l'opérateur continue d'utiliser son appareil de manière optimale. >> précise G. Dollé (Manut-LM). << C'est un vrai sujet pour nous ! Nos matériels sont manuels, ce ne sont pas des robots où on appuie sur un bouton et c'est partit ! Nous avons affaire à des gens grands, petits, moyens, des intérimaires... et c'est important de trouver lors de la formation, un leader qui a bien compris pour continuer notre travail après notre départ. >> remarque JC Doublet (Ingenitec). << C'est vrai qu'il y a un changement d'habitudes à instaurer avec notre matériel. Les opérateurs ont une façon de travailler depuis parfois des dizaines d'années, et quand on leur amène quelque chose de nouveau, le premier abord peut être négatif en disant « j'y arrive moins bien ». >>  note G. Dollé (Manut-LM). << Ce qu'il est important de retenir également c'est que, selon, le code du travail, si il y a un accident du travail, les premières choses que va demander l'inspection du travail c'est : quelle formation a eu votre opérateur sur ce poste et y a-t-il une fiche de poste ? Tout cela est de la responsabilité du chef d'établissement ! >> rappelle A. de Lipowski (CARSAT). << Dans le code du travail, il a un texte sur la conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements servant au levage. Il précise qu'elle est réservée aux travailleurs qui ont reçu une formation adéquate, c'est l'article R 4323-55. Dekra propose aux entreprises de les accompagner dans cette démarche pour trouver la formation la mieux adapté à leur besoins. >> complète E. Loopuyt (Dekra). << Je vous recommande également l'aide mémoire juridique – manutention manuelle - de l'INRS appelé TJ 18. Notre travail à la CARSAT c'est de mobiliser les chefs d'entreprises sur la prévention pour que leurs performances économiques soient basées sur les performances et la santé de leurs salariés, que les deux matchent bien ensembles ! On les mobilise sur les aspects financiers, bien sur, avec la sinistralité, mais aussi sur les grands enjeux que sont le maintien dans l'emploi et comment attirer les jeunes avec, par exemple, le traitement acoustique des locaux, un éclairage naturel, un bâtiment chauffé dans une carrosserie... les salariés ne sont plus tentés de partir ! Et la pénibilité au travail liée à la manutention manuelle, c'est ce qui peut faire partir les gens ! >> constate A. de Lipowski (CARSAT). << Il y a aussi quelque chose d'un peu plus pragmatique, c'est qu'aujourd'hui, compte tenue de l'inflation, il n'y a plus beaucoup de possibilités d'augmenter les salaires, donc la contrepartie c'est une amélioration des conditions de travail.>> souligne JM Allègre (Liftop).  


L'utilisation des matériels d'aide à la manutention a-t-elle permis de féminiser certains postes de travail ?                    
<< C'est vrai que la manutention manuelle est, à la base, un métier très masculin. Beaucoup d'entreprises aujourd'hui voient un bénéfice supplémentaire à utiliser les ressources de manière indifférente, que ce soient hommes, femmes, petits, grands, cela permet sur des postes "dits masculins" d'y employer des femmes ! Cela apporte ainsi de la flexibilité dans la gestion des ressources et dans celle des plannings. >> répond N. Charbonnier (Tawi).


Y a t-il des obligations légales par rapport aux poids que peut soulever un opérateur ? Si oui, lesquels ?                    
<< Oui, le code du travail, qui n'a pas changé sur ce sujet depuis les années 1992, précise que lorsque le recours à la manutention manuelle est inévitable et que les aides mécaniques ne peuvent pas être mises en oeuvre, un travailleur ne peut être admis à porter d'une façon habituelle des charges supérieures à 55 kg qu'à condition d'y avoir été reconnu apte par le médecin du travail, sans que ces charges puissent être supérieures à 105 kg. Les femmes ne sont pas autorisées à porter des charges supérieures à 25 kg ou à transporter des charges à l'aide d'une brouette supérieures à 40 kg, brouette comprise. Il faut également prendre en compte la position atteignable de ces charges, la répétitivité, la fréquence, les déplacements fait avec la charge, et, il faut aussi tenir compte de chaque individu, sa force, ses problématiques... La norme NF X 35-109 et les publications de INRS préconisent de réduire ces charges en fonction de ces critères. >> explique E. Loopuyt (Dekra).

 
Avez-vous des statistiques démontrant que l'utilisation de vos matériels permet de réduire les arrêts de travail ?
<< Non. Ce sont plutôt nos clients qui font des statistiques. Après nous tirons des conclusions. À partir du moment où nous commençons à mettre 2, 3, 4 matériels chez le même client, la statistique est toute faîte ! Si l'industriel réinvestit sur ce genre de matériel c'est qu'il y trouve son compte ! >> témoigne G. Dollé (Manut-LM). << Le taux de cotisation brut que l'on calcule au 1er janvier de l'année N, est calculé sur la somme de tous les coûts qu'ont induit les arrêts maladie sur les années N-4, N-3 et N-2, divisés par la masse salariale de ces trois mêmes années. Donc, une entreprise qui, grâce à l'utilisation de vos matériels, a supprimé  une cause majeure d'accidents sur ces 3 années, c'est au prorata, va voir, in fine, ses taux de cotisation de l'année N diminuer. Notre calcul est incitatif pour la prévention ! >> détaille A. de Lipowski (CARSAT).    


Du côté de la maintenance de ces appareils, y a t-il des obligations légales, et si oui par qui doit-elle être effectuée ?                 
La maintenance n'est pas obligatoire mais fortement préconisée. Elle peut être effectuée en interne par des personnes qualifiées, ou, par des organismes spécialisés, ou, tout simplement par le constructeur. Le catalogue ED 828 de l'INRS informe de façon très complète sur les principales vérifications périodiques. << Globalement, nos clients achètent leur matériel, il est de leur intérêt de le maintenir en bon état de marche .>> précise JC Doublet (Ingenitec). << J'ajouterai qu'il y a effectivement, outre les vérifications réglementaires de mise et remise en service périodiques, des entretiens à prévoir. Le constructeur va conseiller un calendrier de maintenance, et il est demandé aux entreprises de tenir à jour un classeur où vont être notées toutes les maintenances. Si l'entreprise ne remplie pas ses obligations et qu'il y a un accident, on pourra lui reprocher l'absence de maintenance et autre. Voir l'arrêté du 1er mars 2004 : Art. 3 b - Le chef d'établissement doit tenir à la disposition des personnes qualifiées chargées des examens, essais et épreuves à réaliser les documents nécessaires, tels que la notice d'instructions du fabricant, la déclaration ou le certificat de conformité, les rapports des vérifications précédentes et le carnet de maintenance de l'appareil. >> complète E. Loopuyt (Dekra). Les constructeurs proposent systématiquement un contrat de maintenance à leurs clients, contrat qui est de plus en plus accepté mais pas encore globalisé. 

 

Quel est le positionnement de la France par rapport au reste de l'Europe dans l'utilisation de ces matériels ?                
<< Il y a des pays qui semblent plus modernes que nous on va dire. Les pays nordiques sont très positifs sur ce sujet. La France a plus réagi parce qu'il y avait une réglementation qui s'est mise en place. Ces contraintes réglementaires ont favorisé nos métiers, elles ont fait évoluer les mentalités, et aujourd'hui nous avons plus d'entreprises qui s'équipent avec nos matériels soit parce qu'elles ont la volonté d'améliorer les conditions de travail de leurs salariés, soit parce qu'elles ont des difficultés de recrutement et qu'elles se rendent compte que nos matériels les aident à garder et/ou à recruter le personnel. >> constate JC Doublet (Ingenitec). << L'amélioration des conditions de travail est aujourd'hui une préoccupation de bon nombre d'entreprises, quelle que soit sa taille ou son secteur d'activité. Les manipulateurs sont rentrés aujourd'hui dans le paysage industriel et les entreprises font d eplus en plus appel à des sociétés comme les nôtres. Dalmec est un constructeur mondial, sur le marché européen, les pays leaders sont l'Italie, la France et l'Allemagne, pas forcément les pays nordiques. Notre maison mère est en Italie, les filiales françaises et allemandes existent depuis très longtemps, donc, petit à petit notre savoir-faire c'est fait connaître de plus en plus !  Il y a 30 ans, pour assister les manutentions, on s'équipait d'un palan ou d'un pont, le manipulateur était peu connu. Je pense que cela passe aussi par la connaissance de ces produits. >> remarque P. Tullio (Dalmec). << Il y a de vraies différences culturelles. Au nord, c'est quelque chose qui est vraiment ancré dans les esprits. Chez Tawi, les plus gros marchés sont au nord, mais nous sommes une société suédoise. Par contre, nous avons l'aspect communication qui est extrêmement important, prenez l'exemple de notre filiale espagnole avec son côté méditerranéen, elle a beaucoup communiqué et elle est en plein essor et son chiffre d'affaire est en pleine croissance ! Elle s'est tout simplement fait connaître sur son marché ! >> expose N. Charbonnier.    

 

Quel est le produit représentatif de votre savoir-faire ?

<< Notre savoir-faire historique c'est le levage par le vide et tout ce qui est levage avec des ventouses. La solution que nous mettons en avant en ce moment c'est notre Mobil Order Picker qui est un préparateur de commandes mobile équipé d'un système de levage par le vide pour permettre la préhension dans divers endroits d'un site. Sa capacité de charge est de 80 kg, pour l'instant, mais des évolutions sont déjà à l'étude ! >> indique N. Charbonnier (Tawi). << Chez nous, le produit phare c'est le mini gerbeur Pronomic car il est très polyvalent au niveau de ses capacités de charge, de 10 à environ 300 Kg à lever et à manipuler. On adapte l'outil aux besoins du client. Avec ce produit, on peut répondre au boulanger qui doit déverser son sac de farine, jusqu'aux besoins sur une ligne de production où l'opérateur doit prendre un vitrage de camion pour l'installer. >> détaille F. Cuny (Movomech). << Notre métier c'est l'aide à la manutention spécifique, adaptée au client. Notre produit phare est l'équilibreur à poignée sensitive In Lift. C'est un appareil à fonctionnement électrique doté d'une poignée sur laquelle on place la main pour faire monter et descendre la charge avec extrêmement de précision, comme le prolongement direct de notre main avec la possibilité de mettre la charge en apesanteur. On va annuler complètement le poids. Nous proposons toute une gamme de 80 à 600 kg de capacité. >> présente JC Doublet (Ingenitec). << La raison d'être d'Actiwork, c'est tout ce qui concerne l'ergonomie et l'amélioration des conditions de travail. Nous avons une gamme de produits assez importante. Nos produits phares aujourd'hui, c'est tout ce qui touche à la traction et à la poussée de charges avec les tireurs/pousseurs jusqu'à 20 tonnes de capacité, et la mise à niveau ergonomique comme les tables élévatrices et les empileurs de bacs (jusqu'à 400 kg de capacité). Nous avons développé un concept assez unique de manipulateur embarqué sur gerbeur, très prisé des centres logistiques, pour faciliter la préhension de charges sur palettes lors des opération de picking. >> explique M. Delfieu (Actiwork). << Nous avons une gamme très étendue de produits pour lever, tourner, avancer, reculer.. et les deux produits phares chez nous sont les mini gerbeurs (chariots de manipulation jusqu'à 300 kg) et les tubes de levage que nous proposons avec des capacités allant jusqu'à 200 kg. À eux deux, ils représentent environ 65 % de notre chiffre d'affaires avec 1 000 équipements vendus par an.>> déclare JM Allègre (Liftop). << Nous avons deux produits représentatifs de notre savoir-faire, la table basculante appelée TBMB qui monte et qui descend pour s'adapter à la hauteur de l'opérateur tout en permettant de basculer à la verticale la charge placée dessus, charges pouvant aller de 10 à 500 kg. Cette table poste de travail peut être proposée en fixe ou mobile montée sur des roulettes.  Le second produit c'est le Poly Lev' qui se situe un peu en marge. Il permet d'aller là ou des tubes de levage ne peuvent pas aller. C'est un engin qui est à terre, autonome et que l'on équipe comme on veut avec des ventouses, des crochets, des fourches... C'est l'opérateur qui soit le pousse, soit qui le télécommande avec des joysticks car il est aujourd'hui motorisé. >> témoigne F. Mazoyer (MZR). << Nous concevons et fabriquons un seul type de produit avec, comme produit phare, notre manipulateur à tube de levage. On va travailler sur quasiment tous types de charges, sur des déplacements de charges de type je prends à un point A et je déplace vers un point B, sans avoir à faire des mouvements complexes entre les deux, sans avoir à bloquer la charge en l'air. Si je devais déterminer le type de charge dans lequel on excelle, je dirai le domaine du bois pour la manutention de panneaux. De plus, ces applications justifient pleinement l'achat de nos appareils car les opérateurs doivent manipuler des charges encombrantes et ils sont souvent obligés d'appeler leurs collègues pour venir les aider à charger un panneau sur telle ou telle machine.>> rapporte G. Dollé (Manut-LM). << En ce qui concerne Dalmec, le produit phare c'est le manipulateur. Notre gamme se décline sur 10 modèles en fonction de la charge que l'on manipule et du contexte de la manipulation. Dans ces modèles il y a deux grandes familles, 5 modèles à câbles et 5 modèles à bras, avec des capacités qui vont de 50 à 140 kg pour les câbles, et de 0 à 1 500 kg pour les bras. Les modèles à câbles sont des équilibreurs, c'est à dire que la transmission des mouvements n'est pas faite par un bras, ce sont souvent des appareils que l'on met au bord d'un poste de travail pour des petites charges. Tous nos appareils sont basés sur un équilibrage pneumatique et ils sont associés à des outils de préhension plus ou moins compliqués pour n'importe quelle industrie, inox, ATEX, nucléaire... Chaque modèle peut se décliner en 4 versions : fixe au sol, aérien/fixe, aérien/mobile et mobile au sol (sur des rails pour les encombrements très réduits). >> concluent P. Tullio et JC Goriot.

 

Source : Véronique Le Voas Barat, pour la revue Solution Manutention – Décembre 2019
Pour lire l'intégralité de cette table ronde >> Cliquez ici...

 

REMERCIEMENTS : Aux entreprises présentes et dont les représentants étaient :
• Michel Delfieu, responsable commercial chez Actiwork
• Antoine de Lipowski, ingénieur conseil à la CARSAT Bretagne
• Paola Tullio, responsable commerciale et
   Jean-Christophe Goriot, ingénieur commercial chez Dalmec
• Eric Loopuyt, formateur chez Dekra
• Jean-Charles Doublet, directeur général d'Ingenitec
• Jean-Marc Allègre, dirigeant de Liftop
• Guillaume Dollé, technico-commercial chez Manut-LM
• Francis Cuny, responsable technique chez Movomech
• Frédéric Mazoyer, gérant de  MZR
• Nathalie Charbonnier, directrice de filiale de Tawi Levalair

 

Documents de références fournis par ces messieurs de la CARSAT et de Dekra.

TJ18 – Aide mémoire juridique – manutention manuelle, de l'INRS
ED 6161 – Méthode d'analyse de la charge physique de travail, de l'INRS
ED 945 – Mise en oeuvre de la réglementation relative aux atmosphères explosives (ATEX), de l'INRS
ED 828 – Principales vérifications périodiques, de l'INRS
www.ameli.fr - site de la sécurité sociale pour les aides financières lors de l'acquisition de matériels de manutention
Guide des formations 2019, de Dekra
Guide des services, de Dekra
Guide des contrôles et obligations réglementaires 2019, de Dekra

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