LA SOUS TRAITANCE INDUSTRIELLE EN FRANCE

Publié le 10/10/2019

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L'offre

En 2016 (chiffres définitifs)...

  Total des chiffres d'affaires réalisés : 70,32 milliards d'euros (+ 2,37 %)

           30 862 entreprises de toutes tailles.

           499 240 salariés (+ 1,33 %)

 

  Pour 2017 (chiffres provisoires)...

   Les éléments statistiques actuellement disponibles montrent une nouvelle progression globale des activités de 3,74 % par rapport à 2016, à près de 73 milliards d'euros.

Ce total correspond aux activités de 31 027 entreprises de toutes tailles, employant 506 278    salariés (+ 1,41 %).

 

En 2016 et 2017, les activités des entreprises comptant 20 personnes ou plus se sont encore accrues, confirmant en cela la reprise amorcée en 2015. Cette progression est essentiellement liée à une amélioration sensible de la conjoncture internationale qui a bénéficié aux exportations directes des sous-traitants comme à leurs exportations indirectes, via les ventes à l'étranger des donneurs d'ordres. En dépit d'un léger ralentissement à la fin de 2016, la tendance s'est réaffirmée au premier semestre de 2017 et semble s'être encore renforcée au cours des derniers mois.

Même si ces chiffres ne sont pas euphoriques, ils décrivent, pour la sous-traitance française, une nette période de retour à la « normale », voire à une certaine prospérité, après les calamités et les cahots subis dans les années 2008 à 2014.

 

L'amélioration a été plus lente dans certaines activités que dans d'autres. Mais les signes positifs dominent largement en 2017. Parmi les meilleures performances, remarquons particulièrement celles du découpage emboutissage, de la forge, de la chaudronnerie-tuyauterie, des traitements des métaux, de la frappe à froid – fixations, des ressorts - travail du fil, de la transformation des plastiques à façon, de la sous-traitance en électronique et de la maintenance.

 

Les autres métiers de sous-traitance affichent des scores moins enviables, quoique positifs dans la quasi-totalité des cas. Seule la fonderie reste en négatif en 2016 et 2017. Mais les chiffres de ce secteur se redressent nettement dans les derniers mois. Quant à l'usinage et au décolletage, ils sont (curieusement !) retournés dans le rouge après une année 2016 plutôt encourageante. À surveiller...

 

Précisons que les chiffres d'affaires mentionnés, de même que leurs variations, correspondent aux seules activités de sous-traitance, à l'exclusion des produits propres et des recettes de négoce. Les écarts entre les séries en production et en chiffres d'affaires s'expliquent donc essentiellement par l'incidence positive ou négative des prix de marché. Mais aussi par les décalages, aussi courts soient-ils, entre production, livraison et facturation, par les délais et retards d'encaissement, ou encore par les variations de stocks.

 

Et les prix, justement...

C'est l'autre bonne nouvelle de 2017 ! Pour l'ensemble de la sous-traitance industrielle, les prix de marché se sont légèrement accrus.

Deux raisons principales à cette variation à la hausse : 1/ avec l'accroissement des volumes de production, les capacités de production retrouvent des taux d'utilisation plus satisfaisants et la concurrence s'adoucit ; 2/ les hausses des prix des matières premières, observées depuis environ un an, ont été en partie répercutées dans les prix de vente.

 

En ce qui concerne les effectifs.

La hausse des effectifs, amorcée en 2015, semble s'être prolongée en 2016 et 2017. Mais à un rythme qui reste faible : environ 1,3 % en 2016 et 1,4 % en 2017, inférieur donc à celui des productions et des chiffres d'affaires. Précisons cependant qu'il s'agit là exclusivement des effectifs statutaires des entreprises (principalement CDD et CDI). L'intérim a vraisemblablement progressé beaucoup plus vite. Les entreprises y voient la possibilité de s'ajuster rapidement aux fluctuations de leurs marchés. Mais ce phénomène est mal pris en compte par les statistiques. L'intérim est un achat de service (location de personnel) comptabilisé en valeur dans la consommation intermédiaire... Pas facile de le convertir en nombres d'emplois !

 

Pour les entreprises de sous-traitance de moins de 20 salariés, les données sont calculées à partir de sources diverses, Insee et statistiques associatives essentiellement. Ainsi, en 2016, le nombre de sous-traitants employant moins de 20 personnes est estimé à 25 079, leurs effectifs à 109 753 personnes et le cumul de leurs chiffres d'affaires à 12 782 milliards d'euros. Pour 2017, les projections indiquent des accroissements de 0,54 % du nombre de petites entreprises de sous-traitance, de 1,48 % de leurs effectifs et de 3,91 % de leurs chiffres d'affaires.

 

La répartition des entreprises de sous-traitance selon la taille des effectifs ne change guère d'année en année... Elle est d'ailleurs sans surprise car très proche de celle des autres secteurs industriels. 81,3 % des entreprises emploient moins de 20 personnes. Mais elles n'assurent que 18,2 % des livraisons. En revanche, les sous-traitants comptant 20 salariés ou plus rassemblent 78 % des effectifs et réalisent 81,8 % des chiffres d'affaires... 

 

Mise en perspective...

Après le « décrochage » de 2008 et 2009, consécutif à la crise des « subprimes », et le passage à vide de la période 2012 – 2014, lié aux politiques d'austérité appliquées en Europe, le retour à la croissance a permis aux volumes de production de retrouver le niveau de 2011 et de... 1998 ! Quant aux chiffres d'affaires, avec un indice de 116,6, ils atteignent à nouveau les scores de 2011 et de... 2001 ! Loin encore du point culminant de 2007... Rien de bien vertigineux, donc ! Mais on reste en progression. Et c'est cela qui compte. 

 

La demande

En 2016, ce sont les secteurs de l'électronique, de l'aéronautique et de l'automobile qui ont accru le plus significativement le niveau de leurs commandes de sous-traitance. En revanche, les constructeurs de matériels de BTP, de machines agricoles, ou encore les industries électriques et ferroviaires les ont encore réduites. D'où les évolutions constatées de la structure du marché (voir tableau ci-dessous), même si la « hiérarchie » des secteurs-clients ne s'en trouve pas modifiée. L'automobile, premier d'entre eux, continue sa remontée amorcée en 2014, après une longue période de baisse. A l'inverse, le groupe des industries constructrices de matériels ferroviaires agricoles et de BTP régresse encore en importance. Une lente glissade qui ne se dément pas depuis 2012... Les autres débouchés gardent peu ou prou leurs positions.

 

Pour 2017, les tendances sont nettement positives, avec une majorité de hausses des commandes. Tout particulièrement dans les matériels de BTP, l'automobile et l'aéronautique. Et, dans une moindre mesure, dans les industries de process (surtout en chimie, pharmacie et industrie du verre), et dans l'équipement industriel. Ce qui semble indiquer (enfin !) un léger redémarrage de l'investissement.

Notons que si ces chiffres confirment bel et bien la réalité de la reprise économique, ils montrent aussi que ce « mieux-être » de l'économie et de l'industrie est encore fragile et contrasté. Des secteurs restent à la traîne (constructions électriques, équipements roulants spécifiques, par exemple), car soumis à des concurrences internationales particulièrement rudes. Et leurs sous-traitants en pâtissent immanquablement.

Pendant la reprise, la mondialisation continue !

 

Source : Christophe Duprez //GL events (extrait d'une étude sur la sous-traitance industrielle en Europe et en France - 2018)

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