L'interview du jour : Pourquoi et comment passer son atelier de production au 4.0

Publié le 15/11/2019

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'industrie du futur sans jamais oser le demander !

A travers cette nouvelle rubrique, les BNI / SEPEM Industries, en partenariat avec GLOBAL INDUSTRIE font le point pour vous sur les grands thèmes de l'industrie 4.0.

Aujourd'hui, nous vous expliquons pourquoi et comment passer votre atelier de production à l'industrie du futur. Car c'est une évidence : les investissements physiques et numériques permettent la modernisation et la transformation de votre outil de production. Ainsi, l'intégration de nouvelles briques technologiques comme la cobotique, la robotique mobile, la fabrication additive, l'IoT, l'IA ou la réalité virtuelle contribuent grandement à la construction de votre entreprise du futur...

 

L'industrie du futur, késako ?

 

Dénommée "Industrie 4.0" par les Allemands en référence à la quatrième révolution industrielle, après la mécanisation, l'électrification et l'automatisation, elle consacre désormais l'avènement de la connectivité des objets, autorisée par internet, nouveau moyen de tracter, stocker et diffuser de l'information. Toute l'industrie et son modèle économique s'en trouvent bouleversés : le rapport au temps, à l'espace, les business models, les rapports humains...

Aussi, le 20 juillet 2015 a été créée l'Alliance Industrie du Futur (AIF) pour accompagner les entreprises françaises, et notamment les PMI, dans la modernisation de leurs outils industriels et la transformation de leurs modèles économiques par les nouvelles technologies. Son parti pris : intégrer le salarié avec son savoir-faire, ses compétences et son savoir-être, comme élément majeur de la réussite de cette modernisation et transformation pour repositionner l'industrie française au centre du développement économique du pays. Ce qui passe par une amélioration de la compétitivité des entreprises, y compris à l'international, tout en répondant aux défis écologiques et sociétaux actuels.

Comme l'explique très bien une vidéo visible sur le site de la Fédération des Industries Mécaniques (FIM), l'usine du futur est moderne, connectée, capable de concevoir et fabriquer un produit complexe et personnalisé. Plus réactive et plus flexible, elle utilise des procédés de simulation virtuelle permettant d'anticiper le cycle de vie d'un produit avant même sa production. Les produits sont imaginés de manière collaborative et ont recours à des matériaux et procédés nouveaux dans une relation étroite avec les clients, les fournisseurs et les opérateurs. Le tout au sein d'une chaîne de valeur numérisée rapide, économe et source d'information pour tous. L'homme est au centre de l'industrie du futur qui encourage la créativité et la montée en compétences.

 

Un bouleversement total

 

Les entreprises sont ou vont donc être structurellement modifiées par cette révolution numérique, avec des bouleversements qui surviennent sur tous les fronts.

Au niveau économique tout d'abord, les industriels sont amenés à repenser leurs modèles d'affaires, la façon dont ils créent et capturent de la valeur. Ils doivent construire des offres intégrées, à plus forte valeur ajoutée, comprenant produits et services, tout en cherchant à valoriser les données générées par leurs produits.

Sur le plan des marchés, en gommant les frontières géographiques, le numérique accélère les effets de la mondialisation et intensifie la concurrence. L'évolution des produits s'accélère, les délais de mise sur le marché se raccourcissent : on tend vers une logique d'amélioration continue et d'expérimentation perpétuelle.

Le client est replacé au centre de toutes les attentions : la demande pilote la chaîne globale de la valeur industrielle, ce qui oblige à se réorganiser et à s'orienter vers une production personnalisée à grande échelle (mass customization).

Les produits sont connectés, génèrent des données et tendent à intégrer une part de services.

Sur le plan technologique, la révolution numérique apporte un ensemble de briques disruptives, véritables leviers de transformation qui, arrivant à maturité, deviennent accessibles : robotique, IoT, Big Data, réalité virtuelle et augmentée, cloud, cobotique...

Tout cela oblige à repenser la place de l'homme au centre de l'entreprise, à revaloriser son rôle en améliorant notamment son autonomie et ses conditions de travail. Le numérique, en rendant l'entreprise plus "sexy", va aussi permettre d'attirer de nouveaux talents...

 

Passer son entreprise au 4.0 : mode d'emploi... en 4 modules !

 

Il est avant tout nécessaire d'avoir une vision systémique de l'entreprise. Ce qui implique qu'il n'y a pas qu'une seule porte d'entrée dans l'industrie du futur, mais bien plusieurs. On peut ainsi s'y engager par l'introduction d'une brique technologique, la remise en question de sa stratégie d'entreprise, la volonté de mutation de compétence de ses salariés... Quel que soit l'angle d'attaque, à l'arrivée, il y a un même appétit de développement et de saisie des opportunités offertes par le 4.0.

Les quatre modules suivants peuvent donc être déroulés dans n'importe quel ordre chronologique.

Le module n°1, que l'on pourrait appeler Séminaire Mon Bon Futur, permet de fédérer l'encadrement autour d'une vision commune en définissant ensemble la stratégie et les objectifs à atteindre. Avec le module n°2 (Bâtir un processus de transformation), on construit une feuille de route pour déployer les projets dans l'entreprise. Dans le module n°3 (Etudes de faisabilité), on expérimente les modifications sur des cas pilotes afin de décider si on les déploie ou non, en fonction des résultats obtenus. Ce qui débouche sur le module n°4, la Mise en oeuvre du processus de transformation.

 

Un édifice à bâtir

 

La transformation 4.0 peut aussi être symbolisée par la construction d'une maison.

Elle nécessite des bases solides : une véritable stratégie d'entreprise avec une définition du nouveau business model, de la valeur data, du sens et de l'agilité. Au rez-de-chaussée, on s'appuie sur la richesse humaine interne et l'excellence opérationnelle de la société avec les moyens, process, méthodes et l'industrialisation existante. Au premier étage, on intègre les nouveaux enjeux sociétaux et environnementaux, et au second les investissements physiques et numériques nécessaires à cette transformation pour atteindre in fine le toit : le développement souhaité de l'entreprise !

 

Ce qu'il faut retenir

 

Etat, collectivités, sociétés ou simples individus, nous sommes tous concernés par l'industrie du futur.

Elle replace les connaissances technologiques au coeur de la stratégie de l'entreprise.

Il n'existe pas une mais plusieurs industries du futur : à chacun de bâtir le projet adapté à son expérience, son domaine d'activité et sa stratégie de développement.

C'est une action au long court : il faut penser grand, commencer petit et monter rapidement.

Définir un tel programme de transformation exige un cap et ne peut se faire qu'en équipe : tout le monde doit adhérer et être impliqué. Tous les domaines et fonctions de l'entreprise sont en effet susceptibles d'être impactés.

Enfin, les enjeux sont colossaux puisque sont concernés des dizaines de points de compétitivité.

 

Source : Cet article a été rédigé à partir du keynote donné le 7 mars 2019 sur GLOBAL INDUSTRIE Lyon, en partenariat avec les BNI / SEPEM Industries, par Jérôme Gidon, Architecte de la transformation des entreprises vers l'industrie du futur au Cetim, et Antoine Pinon, Directeur Général de Tisza Textil Packaging, auxquels nous adressons nos plus sincères remerciements. Tisza Textil Packaging est une PME haut-marnaise spécialisée dans la production et la vente de containers souples à destination des industries de l'engrais et de la pharmacie, qui est passée au 4.0. Découvrez son témoignage en vidéo sur le site global-industrie.com.

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